Dans certaines démarches, la phase d’exploration consiste essentiellement à rencontrer le demandeur afin d’analyser sa demande. Dans d’autres situations, il peut être utile de lui proposer et de coconstruire avec lui un programme d’interviews plus complet.
Rencontrer une deuxième fois le demandeur
Cette seconde rencontre permet d’approfondir la compréhension de la demande.
- Cadrer les enjeux individuels.
- Approfondir les informations recueillies lors du premier échange.
- Vérifier les premières hypothèses de compréhension.
- Approche adaptée aux dispositifs simples et spéciaux.
- Conduire un entretien ouvert, éventuellement soutenu par une grille à compléter.
Interroger trois personnes
La rencontre de plusieurs acteurs permet de commencer à modéliser le contexte.
- Repérer les convergences et les divergences.
- Comparer plusieurs perceptions de la situation.
- Identifier des enjeux, des leviers et des freins différents.
- Approche adaptée aux dispositifs accompagnés.
- Conduire des interviews semi-directives à partir d’une base commune à tous les entretiens.
Organiser un sondage plus large
Un sondage en ligne permet d’analyser la répartition des perceptions et des opinions au sein d’une population plus importante.
Il peut notamment servir à :
- construire une vision plus globale ou à 360 degrés ;
- identifier différentes perceptions de la situation ;
- faire apparaître des variantes ;
- estimer des proportions ;
- comparer certains groupes de répondants.
Cette approche est particulièrement utile pour les dispositifs majeurs concernant un grand nombre de services ou d’acteurs au sein de l’organisation.
Remarque prudente sur les seuils statistiques
Pour analyser des tendances ou produire des pourcentages, il convient de recueillir un nombre suffisant de réponses. Le seuil d’environ 30 observations est souvent utilisé comme premier repère méthodologique, mais il ne garantit pas, à lui seul, la représentativité ou la fiabilité d’une enquête.
En statistique, un échantillon d’environ 30 à 36 observations peut, sous certaines conditions, constituer un seuil utile :
- à partir d’une trentaine d’observations, certaines distributions de moyennes peuvent commencer à être approchées par une distribution normale, conformément au théorème central limite ;
- il devient possible d’effectuer certains tests statistiques et de calculer des intervalles de confiance, sous réserve que leurs conditions d’application soient respectées ;
- l’échantillon peut commencer à faire apparaître des tendances générales, au-delà des seuls témoignages individuels ;
- la variabilité des réponses peut être analysée, notamment à travers la dispersion ou l’écart-type.
Un tel échantillon peut concrètement aider à :
- identifier des tendances générales plutôt que des impressions isolées ;
- comparer des sous-groupes, à condition que chacun comporte un nombre suffisant de répondants ;
- mesurer la dispersion des réponses et pas uniquement leur valeur centrale ;
- estimer certaines proportions avec une marge d’incertitude explicitement reconnue.
Toutefois, la robustesse des résultats dépend également :
- de la taille de la population étudiée ;
- du mode de sélection des répondants ;
- de la diversité des profils représentés ;
- du taux de réponse ;
- de la formulation des questions ;
- de l’absence de biais importants dans le recueil des réponses.
Un taux de réponse de 10 % ne constitue donc pas automatiquement un seuil satisfaisant. Sa pertinence dépend de la taille de la population, de la représentativité des répondants et du niveau de précision recherché.
En résumé, une trentaine de réponses peut permettre de passer de témoignages strictement individuels à une première analyse quantitative. Elle ne suffit cependant pas toujours à produire des résultats statistiquement représentatifs, en particulier lorsque l’on souhaite comparer plusieurs sous-groupes ou généraliser les conclusions à une population importante.
Sources : Référentiel IMCM en Management du Changement - www.imcm.eu
