L’une des difficultés majeures de certains changements, et plus encore des changements à forte dimension personnelle, c’est sans doute le fait d’accepter la notion de « perte ».
Et même plus particulière s'il s'agit d'une perte vécue comme "définitive", d'un élément, d'un contexte, d'un lien interpersonnel auquel nous tenons affectivement.
Perdre un acquis, un confort, un cadre de travail, des habitudes, un niveau de performance et de connaissance, perdre des liens privilégiés, perdre une équipe de référence peut n'avoir que peu d'impact sur nous.
Mais, tout au contraire, parfois cette perte va représenter une perte d'une partie de nous-mêmes.
L'idée de perdre à tout jamais est profondément troublante.
La notion de deuil
On entend par deuil la perte définitive d’un élément de référence dans sa vie. Un être cher, un animal de compagnie, des objets symboliques, un statut social, des habitudes fondatrices de notre confort ou de l’expression de nos talents. Des piliers de notre existence.
La perte ainsi vécue va entraîner une succession de symptômes émotionnels et intellectuels assez complexe mais aussi assez commune aux être humains que nous allons appeler la courbe du deuil.
La notion de courbe du deuil
La psychiatre Elisabeth KÜBLER-ROSS (psychiatre et psychologue américaine, née en Suisse - 1926 - 2004), en observant ses patients, leurs familles et leurs accompagnateurs constate, d'un deuil à l'autre, un processus semblable malgré la diversités de cultures, d'âges ou d'origines sociales. Elle peut même séquencer ce trajet à l'annonce notamment d'un décès ou dans des services de soins palliatifs. Elle fait apparaître alors cinq grandes étapes dans la courbe du deuil que nous pouvons transposer dans une démarche de changement comme suit :
Comment gérer cette courbe de deuil
Le pilote d’une démarche de changement peut faciliter le passage plus rapide, plus complet, plus abouti d’une phase à l’autre.
Une attitude d’explication simple et de questionnement très respectueux s’impose dans la phase de déni.
À l’inverse dans la phase de colère, vous devez être présent et être capable de vous mobiliser pour faire face avec précision et courage aux attaques et aux accès de colère.
Se montrer déterminé sur le jugement de réalité et ouvert sur le marchandage permet à l’autre de trouver plus directement la porte de cette troisième étape. Ici le dialogue sur les enjeux sera plus calme et plus intense.
Les premières propositions de marchandage devront être reformulées, transformées.
Il vous faudra être clair, confiant et tenace.
La phase d’acceptation impliquera sans doute un besoin de distance qu’il faut accepter et ménager. Enfin, le rebond devra idéalement s’investir dans des tâches rapides et des succès rapides.
Soit un éventail d’actions possibles tout au long du cycle de vie :
Lectures pour aller plus loin :
- Sur le chagrin et sur le deuil, avec David Kessler, Éditions Jean-Claude Lattès, 2009 - ISBN 978-2-7096-3034-4
- Les Derniers Instants de la vie (1969), Labor et Fides, 1975 - ISBN 2-8309-0096-0
