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Interactions coopératives (modèle 9i+/niveau 8)

 

L'Interaction coopérative

  • Elles s’appuient sur la poursuite d’objectifs communs, tout en reconnaissant et en intégrant les enjeux individuels, parfois différents.
  • Elles renforcent la cohésion et la recherche de synergies, tout en respectant la diversité des positions.


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L’interaction coopérative : unir autour d'un objectif commun et d'enjeux différents

L’interaction coopérative constitue l’une des neuf formes d’interaction proposées par la modélisation 9I+, consacrée à la qualité des relations humaines et au management par la confiance.

Elle consiste à faire confiance à une ou plusieurs personnes pour mettre en commun des problématiques, des moyens et des compétences afin de relever collectivement un défi important. Son principe général peut se résumer simplement : l’union fait la force.

La coopération ne se limite toutefois pas à réunir des personnes autour d’une tâche. Elle suppose la présence d’un objectif commun, la reconnaissance des enjeux propres à chaque acteur et la construction d’un cadre permettant à chacun de contribuer et de retirer un bénéfice de l’action collective.

Partager un objectif commun

Une interaction coopérative repose d’abord sur l’existence d’un objectif commun. Les acteurs doivent comprendre ce qu’ils cherchent à accomplir ensemble et disposer d’une représentation suffisamment partagée du résultat attendu.

Cet objectif commun donne une direction aux efforts individuels. Il permet d’aligner les initiatives, d’organiser les contributions et d’éviter que chaque acteur poursuive une finalité différente sans véritable coordination.

Dans une démarche de changement, cet objectif peut consister à réussir l’implantation d’un nouvel outil, à améliorer un processus, à résoudre une difficulté collective ou à garantir la continuité d’un service.

L’objectif commun ne signifie cependant pas que tous les participants doivent avoir les mêmes motivations.

Reconnaître la diversité des enjeux

Une coopération efficace associe généralement un objectif commun à des enjeux individuels différents, mais compatibles.

Un manager peut chercher à améliorer la performance de son service, un collaborateur à simplifier ses conditions de travail, un responsable informatique à sécuriser le système et un dirigeant à maîtriser les coûts. Ces acteurs peuvent coopérer dès lors que leurs enjeux respectifs restent cohérents avec l’objectif partagé.

Cette diversité est même utile. Elle permet d’enrichir la compréhension de la situation et de produire une solution capable de répondre à plusieurs attentes.

À l’inverse, lorsque les acteurs poursuivent exactement le même enjeu et que celui-ci est exclusif — l’obtention d’une ressource rare, d’un budget unique, d’un poste ou d’une reconnaissance individuelle — la coopération devient plus difficile. La relation risque alors de basculer vers la concurrence.

Il est donc important de vérifier que :

  • les acteurs partagent un objectif commun clairement formulé ;
  • leurs enjeux individuels sont identifiés ;
  • ces enjeux sont compatibles ou complémentaires ;
  • la réussite de l’un n’empêche pas celle des autres ;
  • chacun peut retirer un bénéfice légitime de la coopération.

Construire une relation gagnant-gagnant

La coopération doit permettre à chaque acteur de sortir gagnant du processus. Il ne s’agit pas nécessairement d’obtenir des bénéfices identiques, mais de veiller à ce que chacun trouve un intérêt suffisant à contribuer durablement.

Une coopération réussie produit idéalement un résultat supérieur à ce que chaque participant aurait pu obtenir en agissant seul. La logique gagnant-gagnant ne se limite donc pas au partage des bénéfices : elle vise à créer une valeur collective supplémentaire.

Cette valeur peut prendre différentes formes :

  • un résultat de meilleure qualité ;
  • une résolution plus rapide du problème ;
  • une réduction des risques ;
  • un meilleur partage des ressources ;
  • un enrichissement des compétences ;
  • une amélioration des relations entre les acteurs ;
  • une capacité d’action inaccessible individuellement.

La coopération devient ainsi une forme de multiplication des capacités plutôt qu’une simple addition des contributions.

Une manifestation de l’intelligence collective

Les interactions coopératives constituent une expression directe de l’intelligence collective. Elles permettent de croiser des connaissances, des expériences et des compétences différentes pour produire une réponse plus pertinente.

Pour faire émerger, accélérer, consolider et amplifier cette intelligence collective, les acteurs peuvent construire ensemble des analyses, des décisions, des solutions ou des livrables. La production commune donne une réalité concrète à la coopération et renforce la responsabilité partagée.

La réussite d’une première expérience joue également un rôle déterminant. Lorsqu’une équipe a déjà obtenu un résultat positif en coopérant, elle dispose d’une référence commune. Cette expérience renforce la confiance, facilite les coopérations suivantes et entretient un état d’esprit favorable au travail collectif.

Les réussites antérieures constituent ainsi un capital relationnel qu’il est utile de rappeler et de valoriser.

Transformer les différences en complémentarités

La coopération ne suppose pas d’effacer les différences entre les acteurs. Elle consiste au contraire à les utiliser comme des complémentarités.

Chaque participant apporte ses connaissances, ses compétences, son expérience, ses réseaux ou ses moyens d’action. Ces apports différents permettent de mieux couvrir les besoins de la démarche et de réduire les angles morts.

L’interaction coopérative permet ainsi :

  • de compléter ses propres atouts par ceux des autres ;
  • de compenser certaines faiblesses individuelles ;
  • d’accéder à des compétences que l’on ne possède pas ;
  • de répartir les responsabilités selon les capacités de chacun ;
  • de sécuriser la réalisation grâce au soutien du collectif.

Pour que cette complémentarité fonctionne, les rôles et les contributions doivent être suffisamment clairs. La coopération ne signifie pas que tout le monde fait tout. Elle peut au contraire reposer sur une certaine spécialisation, à condition que les différentes contributions restent coordonnées et orientées vers le même objectif.

Créer des synergies durables

La coopération produit une synergie lorsque le résultat collectif devient supérieur à la somme des résultats individuels. Cette synergie apparaît notamment lorsque les compétences s’articulent efficacement, que les informations circulent et que les acteurs peuvent intervenir dans un cadre suffisamment stable et sécurisant.

La sécurité relationnelle joue ici un rôle majeur. Les participants doivent pouvoir partager une difficulté, reconnaître une limite, demander de l’aide ou proposer une idée sans craindre d’être immédiatement jugés ou désavantagés.

La confiance permet alors à chacun de se concentrer sur sa contribution tout en sachant qu’il peut compter sur les autres. Elle réduit les comportements défensifs, les rétentions d’information et les mécanismes de contrôle excessifs.

L’interaction coopérative peut être :

  • ponctuelle, pour résoudre un problème ou produire un livrable ;
  • régulière, dans le cadre d’un projet ou d’une démarche de changement ;
  • durable, lorsqu’elle devient un mode habituel de fonctionnement ;
  • structurante, lorsqu’elle constitue le socle du fonctionnement d’une équipe, d’un réseau ou d’un partenariat.

Un levier pour le management du changement

Dans une démarche de changement, la coopération permet de sortir d’une logique dans laquelle une équipe conçoit le changement pendant que les autres acteurs doivent simplement l’appliquer.

Elle encourage les parties prenantes à mettre en commun leurs contraintes, leurs ressources et leurs expertises. Le changement devient alors une construction partagée, soutenue par des contributions complémentaires.

Le manager du changement peut favoriser cette coopération en :

  • clarifiant l’objectif commun ;
  • identifiant les enjeux propres à chaque partie prenante ;
  • vérifiant la compatibilité de ces enjeux ;
  • définissant les rôles et les responsabilités ;
  • organisant le partage des informations et des ressources ;
  • créant des occasions de produire ensemble ;
  • valorisant les contributions complémentaires ;
  • rendant visibles les bénéfices obtenus par chacun ;
  • capitalisant sur les premières réussites collectives.

Unir les forces au service des enjeux

L’interaction coopérative repose finalement sur une conviction managériale forte : les différences ne constituent pas nécessairement des obstacles. Lorsqu’elles sont reconnues, organisées et mises au service d’un objectif commun, elles peuvent devenir une source de complémentarité et de performance.

Coopérer consiste à unir des forces différentes pour répondre à des enjeux compatibles et produire un résultat que personne n’aurait pu atteindre seul.

L’interaction coopérative devient alors l’une des expressions les plus fortes de la confiance : accepter de dépendre partiellement des compétences des autres, tout en leur permettant de compter sur les nôtres.



Voir les autres interactions du modèle 9i+ : 




Sources : la modélisation 9i+ a été développée par le Laboratoire de la décision - Labdec Montréal avec l'aide interdisciplinaire de l'IFEAS - Institut francophone d'études appliquées en systémique.