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Interactions complètes (modèle 9i+/niveau 3)

 

L'Interaction complète


Elle comprend trois composantes indissociables qui rendent une prise de parole logique, lisible, compréhensible : 

  • poser les constats (faits observés à l'origine de l'interaction), 
  • préciser les objectifs (les résultats visés, les enjeux souhaités) 
  • évoquer une solutions (une pistes d’action ou des alternatives possibles).
Elle permet de passer d’un discours partiel à une suite logique factuelle qui passe de la situation actuelle à une intention pour le futur, puis à des actions concrètes qui permettent de partir de maintenant pour réussir la vision future.




Mini-vidéo d'introduction - 3'00


L’interaction complète : construire un raisonnement clair du constat à la solution

L’interaction complète constitue l’une des neuf formes d’interaction proposées par la modélisation 9I+, consacrée à la qualité des relations humaines et au management par la confiance.

Elle repose sur un principe de complétude : une explication structurée, cohérente et suffisamment complète est généralement plus facile à comprendre et inspire davantage confiance qu’une affirmation isolée ou qu’une proposition insuffisamment justifiée.

L’interaction complète s’organise autour de trois composantes complémentaires :

  1. les constats, qui décrivent la situation observée ;
  2. les objectifs, qui précisent la situation future recherchée ;
  3. les solutions, qui définissent le chemin permettant de passer des constats aux objectifs.

Cette structure simple permet de donner une logique aux échanges, aux décisions et aux propositions d’action.

Construire une interaction logique

La confiance ne dépend pas uniquement de la qualité de la relation. Elle repose également sur la capacité des acteurs à comprendre le raisonnement qui conduit à une décision ou à une proposition.

Une interaction apparaît logique lorsque les différentes informations s’enchaînent de manière cohérente. L’interlocuteur peut alors comprendre :

  • d’où vient la proposition ;
  • à quel problème elle répond ;
  • quel résultat elle cherche à produire ;
  • comment elle devrait permettre d’atteindre ce résultat.

L’une des manières les plus simples de construire cette cohérence consiste à suivre une logique temporelle :

📍 Les constats (héritage du passé)

📍 L'objectif (le futur souhaité)

📍 La solution (le présent à décider)


Une proposition peut être séduisante ou innovante, mais rester peu pertinente si elle ne traite pas le problème observé ou ne produit pas le résultat attendu.

Construire la logique avec l’interlocuteur

L’interaction complète n’a pas nécessairement vocation à être présentée comme un raisonnement entièrement élaboré à l’avance. Elle peut être construite avec les interlocuteurs.

Les acteurs peuvent successivement :

  1. mettre en commun leurs observations ;
  2. se mettre d’accord sur les principaux constats ;
  3. comparer leurs objectifs et leurs enjeux ;
  4. identifier les convergences ;
  5. rechercher ensemble plusieurs solutions ;
  6. choisir le trajet qui paraît le plus pertinent.

Cette coconstruction renforce la confiance et l’appropriation. La solution n’apparaît plus comme une réponse imposée, mais comme la conséquence logique d’une analyse partagée.

Le désaccord peut également être localisé plus facilement. Les acteurs peuvent déterminer s’il porte sur les constats, les objectifs ou les solutions, au lieu d’entretenir une opposition générale et difficile à traiter.

Réduire les risques d’interprétation

L’un des principaux avantages de l’interaction complète réside dans sa capacité à limiter les interprétations.

Une solution présentée sans explication peut susciter de nombreuses questions : pourquoi cette décision, à quel problème répond-elle, quel résultat cherche-t-elle à produire et quelles autres options ont été étudiées ?

En explicitant les constats, les objectifs et la solution, le manager rend son raisonnement visible. Les interlocuteurs disposent de suffisamment d’informations pour comprendre la cohérence de la proposition, même s’ils ne la partagent pas entièrement.

L’interaction complète ne supprime pas les désaccords. Elle permet de les rendre plus précis :

  • partageons-nous les mêmes constats ?
  • recherchons-nous le même objectif ?
  • considérons-nous que cette solution est adaptée ?
  • existe-t-il une autre manière d’atteindre le résultat ?

Un désaccord clairement situé est généralement plus facile à traiter qu’une opposition globale alimentée par des implicites.

Vérifier la cohérence de l’ensemble

Une interaction complète ne se contente pas de juxtaposer un constat, un objectif et une solution. Elle vérifie la cohérence entre les trois composantes :

  • Constat : la situation est-elle décrite à partir de faits suffisamment précis ?
  • Objectif : le résultat recherché répond-il réellement au problème constaté ?
  • Solution : la proposition permet-elle raisonnablement d’atteindre l’objectif ?

Cette vérification permet de repérer plusieurs erreurs fréquentes :

  • proposer une solution qui ne répond pas au problème ;
  • définir un objectif sans lien avec les constats ;
  • présenter une solution comme un objectif ;
  • retenir des constats incomplets ou contestables ;
  • choisir une solution avant d’avoir clarifié le résultat attendu.

Une interaction intellectuellement exigeante

L’interaction complète est probablement l’une des formes les plus exigeantes de la modélisation 9I+ sur le plan de la logique et de la cohérence intellectuelle.

Elle oblige à structurer sa pensée avant de s’exprimer. Elle nécessite de distinguer les faits, les objectifs et les moyens, puis de rendre visible le lien entre ces éléments.

Cette exigence est particulièrement importante dans les situations complexes, lorsque les acteurs disposent d’informations différentes ou défendent des positions opposées.

L’interaction complète apporte alors un cadre rationnel permettant de sortir des impressions générales et de revenir à des éléments qui peuvent être examinés collectivement.

Un levier pour les décisions collectives

Dans les équipes, les négociations et les démarches de changement, l’interaction complète facilite la construction de consensus portant sur le contenu et sur le trajet à réaliser ensemble.

Si les acteurs partagent les constats, ils peuvent plus facilement discuter des objectifs. S’ils convergent sur les objectifs, ils disposent d’une base plus solide pour rechercher et comparer les solutions.

L’accord sur les constats et les objectifs ne conduit pas automatiquement à une solution unique. Plusieurs scénarios peuvent rester possibles. Il permet toutefois de déplacer le débat vers une comparaison plus rationnelle des options.

Les solutions peuvent alors être évaluées selon des critères explicites :

  • capacité à répondre au problème ;
  • contribution aux objectifs ;
  • coût ;
  • délai ;
  • faisabilité ;
  • acceptabilité ;
  • risques ;
  • réversibilité ;
  • effets attendus.

Une application au management du changement

Dans une démarche de changement, de nombreuses résistances proviennent d’un manque de lisibilité. Les acteurs découvrent une solution sans avoir compris les constats qui la justifient ni les objectifs qu’elle poursuit.

L’interaction complète permet de présenter le changement dans un ordre plus cohérent :

  1. Constats : quelle est la situation actuelle et pourquoi doit-elle évoluer ?
  2. Objectifs : quelle situation souhaitons nous atteindre ?
  3. Solutions : quelle démarche permettra de réaliser cette évolution ?

Le manager du changement peut utiliser cette structure dans :

  • une présentation au comité de direction ;
  • une réunion d’équipe ;
  • une communication sur le changement ;
  • un entretien avec une partie prenante ;
  • une note de cadrage ;
  • un argumentaire ;
  • une proposition de solution ;
  • un processus de décision.

Elle permet de renforcer la lisibilité du changement, la crédibilité de ses promoteurs et la qualité de l’appropriation.

Donner du sens par la cohérence

L’interaction complète consiste finalement à ne pas présenter une décision, un objectif ou une solution de manière isolée. Elle reconstruit la chaîne logique qui relie la situation observée au résultat recherché et aux actions proposées.

Elle ne garantit pas l’adhésion automatique des interlocuteurs. Elle leur donne néanmoins les moyens de comprendre le raisonnement, de discuter chacune de ses composantes et de participer à son amélioration.

Dans les relations professionnelles, cette complétude constitue un puissant facteur de confiance : la proposition ne semble ni arbitraire ni improvisée, car chacun peut comprendre d’où elle vient, où elle conduit et comment elle doit permettre d’y parvenir.


Voir les autres interactions du modèle 9i+ : 




Sources : la modélisation 9i+ a été développée par le Laboratoire de la décision - Labdec Montréal avec l'aide interdisciplinaire de l'IFEAS - Institut francophone d'études appliquées en systémique.