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Interactions responsables (modèle 9i+/niveau 4)

 

L'Interaction responsable

  • je m’implique dans la recherche active de solutions
  • J'assume ma part de contribution à la prise de décision et à sa mise en œuvre
  • je dépasse assez vite les postures d’attente, de retrait ou de critique passive.



Mini-vidéo d'introduction 2'39


L’interaction responsable : prendre sa part dans la recherche de solutions

L’interaction responsable constitue l’une des neuf formes d’interaction proposées par la modélisation 9I+, consacrée à la qualité des relations humaines et au management par la confiance.

Elle met en avant le rôle d’acteur de chaque personne dans les échanges professionnels. Son principe consiste à prendre en charge, à s’impliquer et à s’engager dans la recherche d’une réponse lorsqu’une demande est formulée ou qu’un problème apparaît.

Prendre en charge une situation inspire confiance. À l’inverse, donner l’impression que personne ne souhaite ou ne peut s’en occuper crée de l’incertitude, de l’inquiétude et parfois un véritable sentiment d’abandon.

Se reconnaître comme acteur de la situation

L’interaction responsable commence par une question simple : « Quelle part puis-je personnellement prendre dans le traitement de cette situation ? »

Cette question ne signifie pas que chacun doit tout résoudre seul. Elle invite plutôt à identifier ce qui relève de sa capacité d’action, de son rôle, de ses compétences ou de son pouvoir de décision.

Adopter une posture responsable peut notamment consister à :

  • traiter directement la demande ;
  • rechercher les informations nécessaires ;
  • proposer une première solution ;
  • solliciter les personnes compétentes ;
  • orienter l’interlocuteur vers le bon service ;
  • transmettre la demande et en suivre le traitement ;
  • signaler clairement ce qui ne relève pas de sa responsabilité ;
  • vérifier qu’une réponse a effectivement été apportée.

La responsabilité ne suppose donc pas nécessairement de posséder immédiatement la solution. Elle consiste à ne pas laisser la demande sans orientation ni suivi.

Prendre en charge inspire confiance

Lorsqu’une personne fait face à une difficulté, elle cherche généralement à savoir si quelqu’un va s’en occuper. Une phrase aussi simple que « Je prends en charge cette demande et je reviens vers vous » peut immédiatement réduire l’incertitude.

Cette prise en charge doit toutefois être suivie d’effets. La confiance repose sur la cohérence entre l’engagement annoncé et l’action réalisée.

Une interaction responsable comporte donc plusieurs dimensions :

  1. reconnaître la demande ou le problème ;
  2. préciser ce qui peut être pris en charge ;
  3. annoncer l’action qui sera menée ;
  4. définir, si possible, un délai ;
  5. tenir l’interlocuteur informé ;
  6. vérifier que la réponse apportée est satisfaisante.

Ce processus donne de la visibilité et permet à l’autre de comprendre ce qu’il peut raisonnablement attendre.

Reconnaître les interactions irresponsables

Une interaction devient irresponsable lorsqu’elle consiste principalement à se dégager de la situation sans contribuer à son traitement.

Elle peut prendre différentes formes :

  • reporter systématiquement la faute sur les autres ;
  • se déclarer incompétent sans orienter vers une personne capable d’intervenir ;
  • ne pas répondre à la personne qui sollicite une aide ;
  • considérer que le problème ne concerne que celui qui l’a signalé ;
  • rendre le demandeur responsable de l’absence de solution ;
  • transférer la demande sans vérifier sa prise en charge ;
  • attendre qu’un autre acteur intervienne spontanément ;
  • critiquer les solutions proposées sans apporter d’alternative.

Ces comportements créent une impression de vide organisationnel. La personne concernée ne sait plus qui peut décider, agir ou l’accompagner.

Dans une démarche de changement, ce sentiment peut rapidement alimenter la défiance : si personne ne prend en charge les difficultés, les acteurs doutent de la capacité de l’organisation à conduire la transformation.

Orienter constitue déjà une prise en charge

Il n’est pas toujours possible de répondre directement à une demande. Celle-ci peut dépasser les compétences, les responsabilités ou le pouvoir de décision de la personne sollicitée.

Dans cette situation, l’interaction responsable consiste au minimum à orienter l’interlocuteur vers la bonne personne ou le bon service.

Une orientation responsable ne se limite pas à déclarer : « Ce n’est pas moi qui m’en occupe. » Elle suppose plutôt de préciser :

  • qui peut traiter la demande ;
  • comment contacter cette personne ou ce service ;
  • quelles informations doivent être transmises ;
  • quel délai peut raisonnablement être attendu ;
  • qui assurera le suivi si la demande reste sans réponse.

Lorsque cela est possible, la personne sollicitée facilite elle-même la mise en relation ou transmet directement la demande. Elle évite ainsi de renvoyer l’interlocuteur d’un acteur à l’autre.

Clarifier les besoins et les livrables attendus

Prendre en charge une demande nécessite également de comprendre ce qui est réellement attendu.

L’interaction responsable conduit à clarifier :

  • le besoin exprimé ;
  • les enjeux de l’interlocuteur ;
  • le résultat attendu ;
  • les livrables utiles ;
  • les priorités ;
  • les contraintes ;
  • les responsabilités de chacun ;
  • les délais de réalisation.

Cette clarification évite de mobiliser des ressources pour produire une réponse qui ne correspondrait pas au besoin.

Elle permet aussi de distinguer ce qui doit être traité immédiatement de ce qui peut être planifié, délégué ou négocié.

Engager les ressources nécessaires

La responsabilité implique de mobiliser, dans la mesure du possible, les ressources nécessaires au traitement de la situation.

Ces ressources peuvent être :

  • du temps ;
  • des compétences ;
  • des informations ;
  • un budget ;
  • des outils ;
  • un pouvoir de décision ;
  • l’intervention d’autres acteurs ;
  • un accès à un réseau ou à une expertise.

S’engager de manière responsable ne consiste toutefois pas à promettre des moyens qui ne sont pas disponibles. Il s’agit d’évaluer honnêtement les ressources mobilisables et de rendre visibles les éventuelles limites.

Lorsque les ressources sont insuffisantes, la personne peut proposer une alternative, négocier un délai ou solliciter un arbitrage.

Relier la responsabilité aux enjeux

Un enjeu correspond à ce qu’un acteur espère gagner, préserver ou éviter à travers la résolution d’un problème ou la réalisation d’un changement.

Identifier les enjeux permet de comprendre pourquoi la situation mérite d’être prise en charge et ce qui mobilise réellement les personnes concernées.

Une interaction responsable cherche ainsi à faire émerger les enjeux dans le plus grand nombre possible de situations :

  • Quel résultat souhaitons-nous obtenir ?
  • Quel bénéfice cette action doit-elle produire ?
  • Que risquons-nous de perdre si rien n’est fait ?
  • Pourquoi cette demande est-elle importante ?
  • Quels sont les enjeux des autres acteurs concernés ?

Cette analyse aide à hiérarchiser les priorités et à mobiliser les ressources de manière cohérente.

Construire une responsabilité partagée

Prendre sa part de responsabilité ne signifie pas prendre en charge la totalité de la situation. L’interaction responsable invite également l’autre à préciser ses propres engagements.

Il peut être utile de lui demander :

  • Quelle contribution pouvez-vous apporter ?
  • Que pouvez-vous prendre en charge ?
  • De quelles ressources disposez-vous ?
  • Quel engagement êtes-vous prêt à prendre ?
  • Comment pouvons-nous traiter cette situation ensemble ?

Cette réciprocité évite d’installer une relation dans laquelle une seule personne porte constamment les problèmes et les solutions.

La responsabilité devient alors partagée : chacun identifie sa contribution et ses engagements au service du résultat collectif.

Développer les conditions de la responsabilité

Adopter une posture responsable nécessite certaines ressources personnelles et organisationnelles.

Disposer d’une marge de manœuvre

Une personne peut difficilement prendre des responsabilités si elle ne possède aucune autonomie, aucun accès aux informations ou aucun pouvoir d’action. L’organisation doit donc clarifier les délégations et accorder des marges de manœuvre adaptées.

Gérer son temps avec souplesse

La prise en charge d’une difficulté exige parfois de réorganiser momentanément ses priorités. Une gestion du temps trop rigide peut empêcher de répondre à une situation importante ou urgente.

Cette souplesse doit rester maîtrisée afin d’éviter qu’une accumulation de sollicitations ne désorganise l’activité.

Cultiver l’envie d’être utile

L’interaction responsable s’appuie sur la volonté d’apporter une contribution et d’être reconnu comme un acteur fiable. Cette recherche d’utilité peut devenir un puissant moteur d’engagement lorsqu’elle reste équilibrée.

Elle ne doit cependant pas conduire à tout accepter ou à se substituer systématiquement aux autres.

Développer une force de proposition

Prendre en charge suppose de pouvoir imaginer une solution, une alternative ou une prochaine étape. Il est donc utile de renforcer sa capacité de proposition et d’écouter les solutions suggérées par ses interlocuteurs.

La responsabilité ne réside pas dans le fait d’avoir toujours raison, mais dans la volonté de contribuer activement à la construction d’une réponse.

Responsabilité et leadership

L’interaction responsable est probablement l’une des formes les plus personnellement engageantes de la modélisation 9I+. Elle place chaque personne face à son rôle d’acteur au sein du collectif.

Elle est profondément liée au leadership. Un leader n’est pas seulement celui qui possède une autorité hiérarchique. C’est aussi celui qui accepte de prendre en charge une situation, de mobiliser les ressources, de proposer une direction et d’assumer les conséquences de ses décisions.

Ce leadership peut s’exercer à tous les niveaux de l’organisation. Un collaborateur qui signale un problème, propose une solution et contribue à sa mise en œuvre adopte déjà une posture de leadership responsable.

Un levier pour le management du changement

Dans une démarche de changement, les situations nouvelles rendent parfois les responsabilités moins lisibles. Les anciens rôles ne correspondent plus complètement aux besoins, tandis que les nouveaux ne sont pas encore stabilisés.

L’interaction responsable permet d’éviter que les demandes et les difficultés restent sans réponse dans ces zones d’incertitude.

Le manager du changement peut la favoriser en :

  • clarifiant les rôles et les responsabilités ;
  • identifiant un responsable pour chaque action ;
  • définissant les circuits d’orientation et d’escalade ;
  • donnant les moyens nécessaires pour agir ;
  • encourageant les propositions de solutions ;
  • valorisant les prises d’initiative ;
  • vérifiant que les engagements sont suivis d’effets ;
  • organisant une responsabilité partagée entre les acteurs.

Cette posture contribue directement à la crédibilité du dispositif de changement.

Prendre en charge sans tout prendre sur soi

L’interaction responsable consiste finalement à refuser deux attitudes opposées : l’abandon de responsabilité et la prise en charge excessive.

Il ne s’agit ni de laisser le problème aux autres ni de vouloir tout résoudre seul. La responsabilité consiste à identifier sa part, à agir dans son périmètre, à mobiliser les bons acteurs et à s’assurer que la situation progresse vers une réponse.

Cette posture crée de la confiance parce qu’elle rend l’action plus prévisible : lorsqu’un problème apparaît, chacun sait qu’il sera reconnu, orienté et pris en charge.


Voir les autres interactions du modèle 9i+ : 




Sources : la modélisation 9i+ a été développée par le Laboratoire de la décision - Labdec Montréal avec l'aide interdisciplinaire de l'IFEAS - Institut francophone d'études appliquées en systémique.