Ce biais nous amène à considérer, a priori, que nos interlocuteurs partagent :
- les mêmes objectifs, la même vision et les mêmes constats ;
- les mêmes enjeux ;
- les mêmes idées, expériences et connaissances ;
- les mêmes doutes, les mêmes opportunités et le même attrait.
Cela revient pratiquement à voir le monde uniquement à partir de notre propre compréhension :
- Je me représente le changement sur la base de mon point de vue personnel.
- Je pense qu’a priori, tout le monde dispose des mêmes informations que moi et me comprend spontanément.
Pour sortir de ce biais : l’écoute et la collecte ouverte d’informations.
Ce biais nous conduit fréquemment à ne pas définir de base commune et induit souvent un déficit, voire une absence, de communication et de partage des données. Même si, dans l’absolu, nous savons que les autres ne disposent pas nécessairement des mêmes informations que nous, nous éprouvons des difficultés à mettre en place des systèmes de partage d’informations ou de suivi des tâches qui, a priori, nous paraissent peu utiles personnellement.C’est seulement lorsque nous nous rendons compte que ces moments ou ces outils de partage de l’information nous permettent également de suivre l’avancement du travail des autres que nous les adoptons plus systématiquement.
Dépasser le biais narcissique
Pour dépasser cette croyance qui nous conduit à penser que « lorsque je connais une information, tout le monde connaît cette même donnée », il suffit pourtant, simplement, de demander à l’autre d’énoncer sa connaissance du dossier — réflexe du DAPA — et de l’écouter parler de la situation, des constats, des enjeux ou encore des objectifs poursuivis.Plus systématiquement, il est important, dès la conception initiale d’un changement, de prendre le temps de partager les représentations des principaux acteurs ou membres de l’équipe.
Des espaces de suivi, des systèmes d’information partagés, une documentation commune du projet, des habitudes de reporting, des outils de suivi des tâches en équipe ou encore des réunions d’évaluation intermédiaire sont essentiels pour lutter, tout au long du projet, contre le morcellement et l’individualisation de l’information.
Ce morcellement conduit à des représentations ou à des attentes, autour du projet de changement, de moins en moins congruentes, voire incompatibles.
Ce morcellement conduit à des représentations ou à des attentes, autour du projet de changement, de moins en moins congruentes, voire incompatibles.
Les malentendus, les imprécisions, les interprétations, les dissimulations, la crainte de la dissimulation et les jeux cachés alourdissent alors l’avancement de tout projet de changement.
Ce biais devient ainsi l’un des principaux obstacles aux « changements accompagnés ».
Il nous conduit, par exemple :
Il nous conduit, par exemple :
- à vouloir changer à partir de nos propres constats ;
- à raisonner à partir de nos seules envies ou de nos seules solutions ;
- à penser que tout le monde partage déjà nos données et notre cadre de référence ;
- à avoir davantage confiance en nous qu’en autrui ;
- à nous considérer comme un champion ou, au contraire, comme un incapable du changement ;
- à entretenir un doute irrationnel ou une peur primale de perdre ;
- à manquer, tout simplement, de place pour l’altérité et pour les autres.
Source : Référentiel IMCM en Management du Changement - www.imcm.eu