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Dissonance analytique et management du changement

 


La dissonance analytique, dérivée de la dissonance cognitive, apparaît comme un marqueur fréquent des échecs dans les démarches de changement en entreprise.

La dissonance analytique désigne l’écart, voire l’incohérence possible, entre une solution et le problème à traiter.

Elle apparaît dès lors que l’on évoque des éléments différents dans deux colonnes pourtant logiquement liées : positif/négatif, causes/conséquences ou problèmes/solutions.

Elle est particulièrement perceptible lorsqu’il existe un écart entre des « coûts » manifestement sous-évalués et des « bénéfices escomptés » surévalués.


Mécanisme de simplification rapide de nos cerveaux

La dissonance analytique constitue un mécanisme de simplification de nos analyses.

Elle se produit lorsque les analyses des données d’entrée et de sortie divergent, se révèlent incohérentes, voire discrètement contradictoires.

Elle est notamment présente dans les analyses portant sur des enjeux que nous voulons atteindre rapidement — simplisme —, dans les situations de crise — stress — ou, au contraire, dans les situations de grande confiance et les dynamiques de groupe qui se veulent fusionnelles.

La dissonance analytique est un mécanisme largement inconscient, qui peut donc échapper à l’attention du manager du changement, de son équipe ou des décideurs eux-mêmes.

Elle est problématique, car elle fait reposer notre analyse sur un raisonnement incomplet, déséquilibré, voire factuellement faux.

Quelques outils, notamment une simple matrice de premier cadrage, permettent cependant de détecter ces dissonances dès les premières étapes d’une démarche de changement.


Identifier une dissonance analytique

On fait lister les éléments « positifs » d’un projet de changement — la situation future souhaitée.

On fait ensuite lister les éléments « négatifs » de la situation actuelle — la situation actuelle insatisfaisante.

Nous comparons alors les deux colonnes. Nous devrions retrouver l’inverse du négatif dans le positif, et vice versa. Nous parlerons alors de convergence analytique.

Si c’est le cas, l’analyse est :

  • cohérente : toutes les points négatifs sont couvert par la solution ;
  • complète : la solution semble couvrir toute la problématique ;
  • a priori efficace : l’ensemble du problème semble donc pouvoir être résolu.

En revanche, nous pouvons trouver certains éléments négatifs qui ne sont pas couverts par la partie positive. Cela signifie-t-il que ces éléments persisteront après la mise en place de la future solution ?

De la même manière, nous pouvons trouver des éléments de solution qui ne reposent sur aucun problème identifié. Sont-ils vraiment utiles à la démarche de changement ?

Il est même possible de trouver, dans certaines analyses, des éléments de nature complètement différente dans les deux colonnes. Par exemple, les personnes et les machines peuvent être présentées comme des éléments insatisfaisants de la situation actuelle, tandis que la colonne consacrée à la situation future souhaitée mentionne de l’argent et davantage de liberté managériale.

Identifier un effet de dissonance analytique constitue, dans tous les cas, une occasion d’approfondir l’analyse afin d’en renforcer la convergence analytique.