L’homéostasie explique, par exemple, la tendance de certains retours aux anciennes pratiques après une première période d’adoption d'un changement.
Homéostasie organisationnelle
L’homéostasie organisationnelle désigne la tendance d’une organisation, considérée comme un système, à préserver ou à rétablir son équilibre lorsqu’un changement vient perturber ses règles, ses relations, ses habitudes ou la répartition de ses pouvoirs. Elle ne correspond pas à une simple résistance individuelle : le système mobilise ses mécanismes de régulation — procédures, routines, normes culturelles, circuits de décision ou comportements collectifs — pour absorber le changement et revenir à un fonctionnement connu. Cette régulation peut protéger la continuité de l’organisation, mais aussi provoquer un retour aux anciennes pratiques après une adoption seulement temporaire.
Cinq leviers pour gérer ces dynamiques pour le manager du changement
Identifier ce que le système cherche à préserver : stabilité, identité professionnelle, autonomie, compétences reconnues, équilibre des pouvoirs ou sentiment de sécurité.Analyser les boucles de régulation : repérer les règles, indicateurs, décisions, habitudes et comportements managériaux qui ramènent continuellement l’organisation vers son ancien fonctionnement.
S'appuyer directement sur ce qui ne change pas dans l’équilibre existant : reconnaître ses fonctions utiles et préserver les éléments qui sécurisent la continuité de l’activité.
Modifier progressivement les composantes du système : aligner les rôles, les processus, les outils, les compétences, les indicateurs et les décisions. Modifier un seul élément laisse au système la possibilité de neutraliser le changement.
Stabiliser le nouvel équilibre : renforcer les nouvelles pratiques par l’accompagnement, la reconnaissance, les retours d’expérience, les règles de fonctionnement et les indicateurs, jusqu’à ce qu’elles deviennent les nouveaux automatismes collectifs.
Le terme homéostasie a été introduit en physiologie par Walter B. Cannon, dans le prolongement de la notion de « milieu intérieur » développée par Claude Bernard. Cannon l’a formalisé et diffusé dans The Wisdom of the Body en 1932 pour décrire les mécanismes permettant à un organisme de maintenir un équilibre interne malgré les variations extérieures. The Wisdom of the Body, Walter B. Cannon
Le concept a ensuite été élargi par Ludwig von Bertalanffy dans la théorie générale des systèmes. Un système ouvert maintient un équilibre dynamique grâce à ses échanges avec son environnement et à ses mécanismes de régulation. General System Theory, Ludwig von Bertalanffy
Daniel Katz et Robert Kahn ont appliqué la théorie des systèmes ouverts aux organisations. Celles-ci sont alors considérées comme des systèmes sociaux qui recherchent une certaine stabilité tout en devant s’adapter à leur environnement. The Social Psychology of Organizations
Daniel Brepoels et Charles-Henri Russon l'ont transposé dans les dynamiques de changement à connotations négatives. Modèle AeSR - IFEAS Institut francophone d'études appliquées en systémique.
