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Biais des coûts irrécupérables

Ce biais pousse une personne ou une organisation à poursuivre un projet ou une action, non pas parce que celui-ci reste pertinent, mais parce que des ressources importantes y ont déjà été investies : temps, argent, énergie, compétences ou encore image.

On refuse alors d’abandonner, même lorsque les données disponibles montrent que la poursuite du projet est devenue irrationnelle. Les coûts peuvent continuer à augmenter tandis que les bénéfices deviennent de plus en plus incertains, rendant ainsi l’équilibre entre les coûts et les bénéfices humains, techniques ou économiques manifestement défavorable.

L’objectif n’est alors plus de réussir ou de créer de la valeur, mais de tenter de ne pas « perdre » ce qui a déjà été engagé, alors même que ces investissements sont généralement irrécupérables.



Usage en conduite du changement

Ce biais est fréquent chez les décideurs confrontés à des projets complexes, coûteux ou fortement symboliques.

Il peut entraîner un entêtement contre-productif, des retards, une mobilisation excessive des ressources ou une aggravation des pertes. Le rôle du manager du changement consiste à aider les décideurs et les parties prenantes à réévaluer objectivement la situation, en distinguant les perspectives et les décisions encore pertinentes pour l’avenir de ce qui appartient désormais au passé.


Source : Référentiel IMCM en Management du changement - www.imcm.eu
Le biais des coûts irrécupérables, étudié notamment par Richard Thaler dès 1980, a été formalisé expérimentalement par Hal R. Arkes et Catherine Blumer en 1985. Il est proche de l’escalade de l’engagement décrite par Barry M. Staw en 1976.