On perçoit d’abord l’idée de changer avant même de ressentir les effets réels du changement.
Les acteurs concernés commencent par construire une représentation personnelle, souvent en quelques secondes, à partir d’informations partielles, d’expériences passées, de croyances et de biais cognitifs.
Cette représentation mentale et virtuelle — plus que le changement réel — devient la base de leurs réactions, qu’il s’agisse d’adhésion, de propositions, de doutes ou de résistances.
Le management du changement implique donc de savoir « gérer les perceptions » avant de gérer le changement lui-même.
Cela nécessite :
- Une réelle empathie pour comprendre le cadre de référence de l’autre.
- Une capacité d’influence pour faire évoluer ou rééquilibrer les représentations mentales.
- Une attention particulière aux connotations positives ou négatives qui teintent les échanges et orientent l’attention.
Le travail sur les perceptions
Travailler sur les perceptions consiste à intervenir sur l’image mentale que les acteurs se font du changement projeté, afin d’aligner cette image sur les réalités et les véritables enjeux. Ce travail se mène de manière progressive, en s’appuyant sur l’écoute active, la reformulation, la mise en perspective et la co-construction du sens.
Voici quelques approches et outils utiles au change manager :
- Les démarches d’écoute : elles permettent de faire verbaliser les perceptions, de repérer les représentations dominantes et d’identifier les connotations qui leur sont associées.
- L’analyse des biais : elle permet d’analyser les filtres, les convictions, les aveuglements et le poids des expériences antérieures qui influencent la perception du changement par chaque acteur ou groupe.
- Les réunions, débats, entrevues et échanges informels autour d’un café : ils permettent d’exprimer, d’entendre, de comparer, de découvrir et d’enrichir les perceptions.
- Les ateliers, séances de sensibilisation, groupes de travail et visites d’étude : ils permettent de confronter les perceptions initiales à diverses données objectives et de montrer la cohérence du changement avec les priorités collectives.
- Le storytelling ciblé : il consiste à partager des récits concrets dans lesquels des perceptions initialement négatives ont progressivement évolué à la suite de réussites tangibles.
Ce travail doit, bien entendu, être engagé dès la phase d’exploration et se poursuivre tout au long de la démarche.
En effet, les perceptions peuvent évoluer, se déformer ou se polariser à chaque étape du changement.
👉 voir également la notion de connotation
Source : Référentiel IMCM-CMO en Management du Changement - www.imcm.eu
