Le terme « biais » désigne donc une tendance, souvent inconsciente, à interpréter l’information ou à prendre des décisions qui s’écartent d’une rationalité objective, tout en restant cohérentes avec les représentations subjectives et personnelles du décideur.
Ces biais sont à l’origine de nombreuses erreurs dans les opérations de conduite du changement et peuvent contribuer à leur échec. Il existe plusieurs catégories de biais : culturels, méthodologiques, personnels, interpersonnels ou institutionnels. D’autres sont liés, par exemple, à l’héritage, à la confirmation des croyances ou aux coûts irrécupérables.
☝À noter : dans le référentiel IMCM, une distinction est établie entre les biais et les syndromes : les biais sont principalement considérés comme des distorsions individuelles, tandis que les erreurs collectives sont regroupées sous la notion de syndrome.
Usage en conduite du changement
Les managers du changement doivent être attentifs à ces biais, souvent discrets, afin de limiter les erreurs de perception et les incompréhensions interpersonnelles, et d’améliorer ainsi les chances de pleine réussite de leurs démarches.
L’identification et le dépassement de ces biais sont essentiels pour les professionnels du changement. Ils contribuent à renforcer l’efficacité de leurs interventions, que les distorsions constatées soient d’origine culturelle, méthodologique, personnelle, interpersonnelle ou institutionnelle.
Cette vigilance peut commencer dès la phase de diagnostic, par l’utilisation de techniques d’écoute appropriées et par une attention particulière portée aux principaux biais présentés ci-dessus.
Pour aller plus loin
Voir la mini-vidéo (5'13) sur trois biais fréquents :
Voir comment gérer les principaux biais dans les démarches de changement
- Biais culturels [214]
- Biais interpersonnels [218]
- Biais managérial [219]
- Biais méthodologique [219]
Voir comment se prémunir d'autres biais fréquents dans les démarches de changement
- Biais d’ancrage
- Biais de confirmation
- Biais des coûts de finition (sous-estimer les coûts et délais de finition)
- Biais des coûts irrécupérables (ne pas vouloir s'arrêter d'investir)
- Biais culturels (ne pas accrocher la démarche aux cultures présentes)
- Biais de disponibilité (surestimer sa disponibilité future)
- Biais Dunning-Kruger (tester les capacités de contribution)
- Biais du forgeron (seul compte ma solution)
- Biais interpersonnels (trop proche / trop décalé)
- Biais de l’illusion de contrôle (négliger le caractère incertain du changement)
- Biais managérial (risque de simplisme surtout dans la mise en œuvre)
- Biais méthodologique (une seule bonne méthode)
- Biais narcissique (tout le monde pense comme moi)
- Biais de normalité (négation des évolutions négatives)
- Biais de l’origine des bénéfices (se tromper sur les comportements qui ont de la valeur)
- Biais rétrospectif (reconstruction du passé)
- Biais de réussite (effet de "sur-confiance" ou de confiance exagérée)
- Biais de transposition (de ce qui a déjà bien fonctionné ailleurs)
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